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LOGOS Saint-Chamond

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LOGOS Saint-Chamond
  • Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous.
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15 juillet 2013

buste de Marianne

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le nouveau buste de Marianne en question

 

Dans un article défendant le choix du portrait d'Inna Shevschenko, leader des Femen, comme modèle pour le nouveau buste de Marianne, l'auteur, Marion Garreau cite le dessinateur : "La Marianne de 1789 était forcément une Femen. D'ailleurs, elles étaient déjà seins nus, comme l'a immortalisé le célèbre tableau de Delacroix.".

Cela est aller vite en besogne. D'abord le tableau de Delacroix (1830-1831) ne parle pas de Marianne mais est intitulé : La Liberté guidant le peuple.

Il est vrai que le terme de Marianne, comme symbole, remonte à la Révolution française. Mais il était en concurrence avec d'autres termes : la Liberté, la République, la Justice, la Paix, le "sceau de l'État"... Il s'est imposé clandestinement comme prénom donné dans les familles républicaines, puis se généralise dans l'opposition à Napoléon III sous le Second Empire.

Aux débuts de la Troisième République (années 1870-1880), Marianne est un objet de contestation entre monarchistes et républicains. Finalement, avec les lois de 1882 (élection des maires) et du 5 avril 1884 (organisation des pouvoirs municipaux), la diffusion et l'achat d'un buste de Marianne placé en mairie accompagne les progrès de l'influence républicaine en France.

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Brigitte Bardot

Beaucoup de femmes belles et célèbres ont prêté leurs traits à la réalisation des Mariannes. Comme Brigitte Bardot en 1960, Michèle Morgan en 1972, Mireille Mathieu en 1978, Catherine Deneuve en 1985, Inès de la Fressange en 1989, Laetitia Casta en 2000, Sophie Marceau en 2012.

Que notre République démocratique ait toujours besoin de symbolique et de sacré, l'historien Maurice Agulhon l'a déjà dit (Marianne au pouvoir. L'imagerie et la symbolique républicaine de 1880 à 1914, Flammarion 1989). Qu'elle ait recours à une référence controversée est relativement nouveau (en 2003, le cas de l'animatice télévisée, Evelyne Thomas, s'était pourtant déjà posé). Pour ma part, je n'y vois rien à redire. Peut-être une certaine carence de combativité, un petit manque de fermeté...

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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14 juillet 2013

Fête nationale du 14 juillet

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le serment de la Fayette le 14 juillet 1790

 

14 Juillet, fête nationale en France

 

Discussion du projet de loi ayant pour objet l'établissement d'une fête nationale (Sénat, séance du 29 juin 1880)

Rapport


Projet de loi


Programme du 14 juillet 1880

On connaît rarement l'année - 1880 - qui marque pour la France la consécration du 14 Juillet comme fête nationale. Voici les textes fondateurs : comme le dit Henri Martin, rapporteur au Sénat de la loi du 6 juillet faisant du 14 juillet une "journée Fête Nationale annuelle", "ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France [...] mais la révolution a donné à la France conscience d’elle-même".

En 1878, le ministère Dufaure avait fixé au 30 juin une fête parisienne en l’honneur de la République. Elle est immortalisée par un tableau de Claude Monet. Le 14 juillet 1879 prend un caractère semi-officiel. Après une revue des troupes à Longchamp (le 13 juillet), une réception est organisée le 14 à la Chambre des députés à l’initiative de Gambetta qui la préside, une fête républicaine a lieu au pré Catelan en présence de Louis Blanc et de Victor Hugo. Dans toute la France, note Le Figaro : "on a beaucoup banqueté en l’honneur de la Bastille" (16 juillet 1879).

Le 21 mai 1880, Benjamin Raspail dépose une proposition de loi signée par 64 députés, selon laquelle "la République adopte comme jour de fête nationale annuelle le 14 juillet". L’Assemblée vote le texte dans ses séances des 21 mai et 8 juin ; le Sénat l’approuve dans ses séances des 27 et 29 juin 1880 à la majorité de 173 contre 64, après qu’une proposition en faveur du 4 août eut été refusée.

La loi est promulguée le 6 juillet 1880. Le ministre de l’intérieur prescrit aux préfets de veiller à ce que cette journée "soit célébrée avec autant d’éclat que le comportent les ressources locales".

La fête célébrée cette année-là fut à la mesure de l'événement.

 

FeteFederationPertus
le 14 juillet 1790, fête de la Fédération à Nîmes

 

Documents

Sénat, séance du 29 juin 1880

Discussion du projet de loi ayant pour objet l'établissement d'une fête nationale

 

M. Le président. La parole est à M. le rapporteur.

Henri_Martin_1

M. Henri Martin, rapporteur. Messieurs, nous ne pouvons que remercier l'honorable orateur, auquel je réponds, de l'entière franchise, de l'entière loyauté avec laquelle il a posé la question comme elle doit être posée, entre l'ancienne société et la société nouvelle, issue de la Révolution.

Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France.

Mais où en était-elle, à la veille du 14 juillet 1789 ?

Vous le savez : la royauté, arrivée au pouvoir le plus illimité qu'on ait vu en Europe, était devenue incapable d'en user ; elle-même se vit contrainte d'en appeler à la nation, après un siècle et trois quarts d'interruption des Assemblées nationales de l'ancien régime. (C'est vrai ! - Très-bien ! à gauche.)

Je n'ai pas la prétention de vous refaire l'histoire de cette grande année 1789 ; mais enfin, puisqu'on vient de faire ici le procès du 14 juillet, puisqu'on a symbolisé, dans ce petit acte de guerre qu'on appelle la prise de la Bastille (Rires ironiques à droite) et qui est un très-grand événement historique, tout l'ensemble de la Révolution, il faut bien que nous nous rendions compte, en quelques mots, de la situation où étaient alors Paris et la France.

Le 17 juin 1789, le Tiers Etat s'était déclaré Assemblée nationale. Le 20 juin, la salle de l'Assemblée nationale fut fermée par ordre de la cour. Vous savez où se transporta l'Assemblée, à la salle du Jeu de Paume ! Vous savez aussi quel serment elle y prononça ! L'ère moderne tout entière est sortie de ce serment.

Le 23, déclaration du roi annulant tous les actes de l'Assemblée nationale et la sommant de se séparer.

L'Assemblée ne se sépara pas. La cour parut céder. Mais, le 11 juillet, le ministre populaire, qui était l'intermédiaire entre la cour et le pays, M. Necker, fut congédié, remplacé par un ministère de coup d'État ; en même temps, on appela, on concentra autour de Paris une armée entière, une armée, ne l'oubliez pas, messieurs, en très-grande partie étrangère.

À gauche. C'est vrai ! Très-bien !

 

14juillet-01

 

M. le rapporteur. Et le même jour, le nouveau conseil décida l'émission de cent millions de papier-monnaie, attendu qu'il ne pouvait plus espérer obtenir des ressources de l'Assemblée nationale. C'était la préface de la banqueroute, comme la préface d'un coup d'Etat.

Le malheureux Louis XVI était retombé dans les mains de ceux qui devaient le mener à sa perte. Eh bien, le même jour, dans Paris, vous vous rappelez ce qui se passa au Palais-Royal, cet épisode fameux d'où sortit le grand mouvement des trois journées qui suivirent. Cette petite action de guerre à laquelle je faisais allusion tout à l'heure, en manifestant la force populaire, mit à néant tout les projets arrêtés contre l'Assemblée nationale ; cette petite action de guerre sauva l'avenir de la France. Elle assura l'existence et la puissance féconde de l'Assemblée nationale contre toutes les tentatives de violence qui la menaçaient (Nouvelle approbation sur les mêmes bancs).

On parlait de conflit du peuple et de l’armée, dont il ne fallait pas réveiller le souvenir ; mais contre qui le peuple, soutenu par les gardes françaises, avait-il été engagé, dans les rues, sur les places de Paris, durant les deux journées qui ont précédé le 14 juillet ? Qu’est-ce qu’il y avait autour de Paris et surtout dans Paris ? De l’infanterie suisse, de la cavalerie allemande, de la cavalerie hongroise, dix régiments étrangers, peu de troupes françaises, et c’est contre ces régiments étrangers que les gardes-françaises avaient défendu le peuple et l’Assemblée.

Laissons donc ces souvenirs qui ne sont pas ceux d’une vraie guerre civile.

Il y a eu ensuite, au 14 juillet, il y a eu du sang versé, quelques actes déplorables ; mais, hélas ! dans tous les grands événements de l’histoire, les progrès ont été jusqu’ici achetés par bien des douleurs, par bien du sang. Espérons qu’il n’en sera plus ainsi dans l’avenir. (Très bien ! à gauche. - Interruptions à droite.)

À droite. Oui, espérons ! M. Hervé de Saisy. Nous n’en sommes pas bien sûrs !

M. le rapporteur. Nous avons le droit de l’espérer. Mais n’oubliez pas que, derrière ce 14 juillet, où la victoire de l’ère nouvelle sur l’ancien régime fut achetée par une lutte armée, n’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. (Très-bien ! à gauche.)

Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays, Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé.

L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France, - personne que Dieu n’a fait l’âme de la France, - mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même (Très-bien ! sur les mêmes bancs) ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France.

 

Fête Fédération panorama (2)

Rappelez-vous donc que ce jour-là, le plus beau et le plus pur de notre histoire, que d’un bout à l’autre du pays, les Pyrénées aux Alpes et au Rhin, tous les Français se donnèrent la main. Rappelez-vous que, de toutes les parties du territoire national, arrivèrent à Paris des députations des gardes nationales et de l’armée qui venaient sanctionner l’œuvre de 89.

Rappelez-vous ce qu’elles trouvaient dans ce Paris : tout un peuple, sans distinction d’âge ni de sexe, de rang ni de fortune, s’était associé de cœur, avait participé de ses mains aux prodigieux préparatifs de la fête de la Fédération ; Paris avait travaillé à ériger autour du Champ-de-Mars cet amphithéâtre vraiment sacré qui a été rasé par le Second Empire. Nous ne pouvons plus aujourd’hui convier Paris et les départements sur ces talus du Champ-de-Mars où tant de milliers d’hommes se pressaient pour assister aux solennités nationales.

M. Lambert de Sainte-Croix. Il faut faire dire une messe !

M. le rapporteur. Nous trouverons moyen de remplacer le Champ-de-Mars. Un peuple trouve toujours moyen d’exprimer ce qu’il a dans le cœur et dans la pensée ! Oui, cette journée a été la plus belle de notre histoire. C’est alors qu’a été consacrée cette unité nationale qui ne consiste pas dans les rapports matériels des hommes, qui est bien loin d’être uniquement une question de territoire, de langue et d’habitudes, comme on l’a trop souvent prétendu.

Cette question de nationalité, qui a soulevé tant de débats, elle est plus simple qu’on ne l’a faite. Elle se résume dans la libre volonté humaine, dans le droit des peuples à disposer de leur propre sort, quelles que soient leur origine, leur langue ou leurs moeurs.

Si des hommes associés de sentiments et d'idées veulent être frères, ils sont frères. Contre cette volonté, la violence ne peut rien, la fatalité ne peut rien, la volonté humaine y peut tout. Ce qu’une force fatale a fait, la libre volonté le défait. Je crois être plus religieux que personne en proclamant cette puissance et ce droit de la volonté humaine contre la prétendue force des choses qui n’est que la faiblesse des hommes. (Très-bien ! très-bien à gauche.)

serment-a580d
serment du 14 juillet 1790

Si quelques-uns d’entre vous ont des scrupules contre le premier 14 juillet, ils n’en ont certainement pas quant au second. Quelles que soient les divergences qui nous séparent, si profondes qu’elles puissent être, il y a quelque chose qui plane au-dessus d’elles, c’est la grande image de l’unité nationale, que nous voulons tous, pour laquelle nous nous lèverions tous, prêts à mourir, si c’était nécessaire. (Approbation à gauche.)

M. le vicomte de Lorgeril. Et l’expulsion de demain ? (Exclamations à gauche.)

M. le rapporteur. Oui, je ne doute pas que ce soit là un sentiment unanime, et j’espère que vous voterez unanimement cette grande date qu’aucune autre ne saurait remplacer ; cette date qui a été la consécration de la nationalité française et qui restera éternellement gravée dans le cœur des Français.

Sans doute, au lendemain de cette belle journée, les nuages s’assemblèrent de nouveau, la foudre en sortit : la France, en repoussant d’une main l’étranger, se déchira de l’autre main, mais, à travers toutes les calamités que nous avons subies, à travers tous ces courants d’action et de réaction qui ont si longtemps désolé la France, cette grande image et cette grande idée de la Fédération n’ont pas cessé de planer sur nos têtes comme un souvenir impérissable, comme une indomptable espérance.

Messieurs, vous consacrerez ce souvenir, et vous ferez de cette espérance une réalité. Vous répondrez, soyez-en assurés, au sentiment public, en faisant définitivement du 14 juillet, de cette date sans égale qu’a désignée l’histoire, la fête nationale de la France. (Applaudissements à gauche.)

 

Fête Fédération panorama (1)
Fête de la Fération à Paris, le 14 juillet179

Rapport

fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, ayant pour objet l’établissement d’un jour de fête nationale annuelle, par M. Henri Martin, sénateur.

Messieurs, le Sénat a été saisi d’une proposition de loi votée, le 10 juin dernier, par la Chambre des députés, d’après laquelle la République adopterait la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

La commission, qui m’a fait l’honneur de me nommer son rapporteur, a délibéré sur le projet de loi dont vous avez bien voulu lui confier l’examen.

Deux de nos collègues ont combattu, non la pensée d’une fête nationale, mais la date choisie pour cette fête. Ils ont proposé deux autres dates, prises dans l’histoire de la Révolution, et qui, toutes deux, avaient, suivant eux, l’avantage de ne rappeler ni luttes intestines, ni sang versé. L’un préférait le 5 mai, anniversaire de l’ouverture des Etats généraux en 1789 ; l’autre recommandait le 4 août, dont la nuit fameuse est restée dans toutes les mémoires.

La majorité, composée des sept autres membres de la commission, s’est prononcée en faveur de la date votée par la Chambre des députés. Le 5 mai, date peu connue aujourd’hui du grand nombre, n’indique que la préface de l’ère nouvelle : les États généraux n’étaient pas encore l’Assemblée nationale ; ils n’étaient que la transition de l’ancienne France à la France de la Révolution.

La nuit du 4 août, bien plus caractéristique et plus populaire, si grand qu’ait été le spectacle qu’elle a donné au monde, n’a marqué cependant qu’une des phases de la Révolution, la fondation de l’égalité civile.

Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre, qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’ancien régime. Les premières conquêtes qu’avait values à nos pères le serment du Jeu de Paume étaient menacées ; un effort suprême se préparait pour étouffer la Révolution dans son berceau ; une armée en grande partie étrangère, se concentrait autour de Paris. Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir.

 

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Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines, - et celle-ci a été la plus grande de toutes, - ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les Révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques.

Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne.

Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité.

 

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Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire.

Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les coeurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et nos fils de réaliser.

Votre commission, pénétrée de la nécessité de donner à la République une fête nationale ;

Persuadée par l’admirable exemple qu’a offert le peuple de Paris le 30 juin 1878, que notre époque est capable d’imprimer à une telle fête un caractère digne de son but ;

Convaincue qu’il n’est aucune date qui réponde comme celle du 14 juillet à la pensée d’une semblable institution,

Votre commission, messieurs, a l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi voté par la Chambre des députés.

L’un de nos collègues avait pensé qu’il serait utile d’ajouter la qualification de légale à celle de nationale que la Chambre des députés a appliquée à la fête du 14 juillet, et ce afin de préciser les conséquences juridiques qui découleront de l’adoption de la présente loi.

Comme une fête consacrée par une loi est nécessairement une fête légale, votre commission a pensé que cette addition n’avait point d’utilité, et qu’il n’y avait pas lieu de modifier la rédaction du projet de loi qui vous est présenté ainsi qu’il suit.

Projet de loi

Article unique. - La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

 

FeteFederation

 

Programme de la fête nationale du 14 juillet 1880

Distribution de secours aux indigents. Grands concerts au jardin des Tuileries et au jardin du Luxembourg. Décorations de certaines places, notamment de la place de la Bastille et de la place Denfert où l’on verra le fameux Lion de Belfort qui figurait au Salon de cette année, monument élevé au colonel Denfert-Rochereau, de glorieuse mémoire - illuminations, feux d’artifices - ajoutons les fêtes locales, comprenant des décorations, des trophées, des arcs de triomphe et le tout organisé par les soins des municipalités de chaque arrondissement avec le concours des habitants.

Deux cérémonies importantes doivent dominer toute la fête : la distribution des nouveaux drapeaux à l’armée et l’inauguration, sur l’ancienne place du Château d’eau, du monument surmonté de la figure de la République, monument qui a fait l’objet d’un concours ouvert l’année dernière par la Ville de Paris.

source : site du Sénat

 

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le 14 juillet 1880 à la Bastille

 

 

14-juillet-1880

 

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13 juillet 2013

la kippa n'aime pas les femmes

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la kippa dans une enceinte laïque...

Kamel AOUINE

 

Cela fait plusieurs jours que l’information a été relayée par les médias indépendants et circule sur la toile.
On a pris notre mal en patience ; on a attendu. Patiemment. Mais, hélas, les médias de masse demeurent toujours aux abonnés absents.
Que n’aurait-on dit, à juste titre et dans notre bon droit, s’il s’était agi d’une autre «communauté» ? Quelle qu’elle soit.
Ça urge : il faut en finir avec cette justice à géométrie variable, matrice idéologique du très partisan et du par trop partial «deux poids, deux mesures».

Kamel AOUINE

 

- article conseillé :

http://www.atlantico.fr/decryptage/surveillantes-examen-remplacees-hommes-pour-motif-religieux-ces-attaques-quotidiennes-contre-laicite-que-france-doit-regarder-en-781233.html#j4KZ0QfA6bECpLst.99

De jeunes juifs orthodoxes refusent des femmes comme surveillantes d'examen : et il n'y aurait pas de problème avec la laïcité en France.
Une cinquantaine de garçons venant d'une école privée juive et portant la kippa ont refusé d'être surveillés par deux femmes lors des épreuves du Brevet dans un collège de Seine-Saint-Denis.

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant. Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/surveillantes-examen-remplacees-hommes-pour-motif-religieux-ces-attaques-quotidiennes-contre-laicite-que-france-doit-regarder-en-781233.html#PIrbEY35rHDeMTFs.99
Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant. Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.
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De jeunes juifs orthodoxes refusent des femmes comme surveillantes d'examen: et il n’y aurait pas de problème avec la laïcité en France Une cinquantaine de garçons venant d'une école privée juive et portant la kippa ont refusé d'être surveillés par deux femmes lors des épreuves du Brevet dans un collège de Seine-Saint-Denis.
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De jeunes juifs orthodoxes refusent des femmes comme surveillantes d'examen: et il n’y aurait pas de problème avec la laïcité en France Une cinquantaine de garçons venant d'une école privée juive et portant la kippa ont refusé d'être surveillés par deux femmes lors des épreuves du Brevet dans un collège de Seine-Saint-Denis.
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De jeunes juifs orthodoxes refusent des femmes comme surveillantes d'examen: et il n’y aurait pas de problème avec la laïcité en France Une cinquantaine de garçons venant d'une école privée juive et portant la kippa ont refusé d'être surveillés par deux femmes lors des épreuves du Brevet dans un collège de Seine-Saint-Denis.
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De jeunes juifs orthodoxes refusent des femmes comme surveillantes d'examen: et il n’y aurait pas de problème avec la laïcité en France Une cinquantaine de garçons venant d'une école privée juive et portant la kippa ont refusé d'être surveillés par deux femmes lors des épreuves du Brevet dans un collège de Seine-Saint-Denis.
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De jeunes juifs orthodoxes refusent des femmes comme surveillantes d'examen: et il n’y aurait pas de problème avec la laïcité en France
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n a appris que, dans un collège de Seine-Saint-Denis (1), semble-t-il même plus précisément au collège Pablo Neruda de Gagny, lors des épreuves du Brevet des collèges, qu’il s’est produit un événement qui a lui seul témoigne de l’état de crise de nos valeurs collectives. Une cinquantaine de garçons portant la kippa sont installés pour l’épreuve, ils viennent d'une école privée juive. Il faut rappeler ici que l’interdiction du port de signes religieux ostensibles dans les collèges et lycées publics qu’a imposé la loi du 15 mars 2004 n'est pas de mise au cours des examens, comme le précise la circulaire d'application de cette loi. Deux jeunes femmes sont censées surveiller ces garçons en kippa. Mais ceux-ci refusent d'être surveillés par des femmes durant les épreuves. L’administration de ce collège a sans doute été très embarrassée… Le responsable de leur établissement d'origine aurait même téléphoné à son collègue du public dans ce contexte. Un coup de téléphone dont l'existence a été évoquée par un professeur du collège de Gagny qui s'en est émue auprès de militants pro-laïcité mais que le principal de l'établissement religieux dément catégoriquement. Ce qui semble s'être produit en tous cas, c'est que les deux femmes aient bien été remplacées par deux hommes... Le principe d’égalité, et particulièrement en ce qui concerne l’égalité entre hommes et femmes, inscrit à l’article premier de notre Constitution, ne vaudrait donc rien face aux exigences religieuses ?
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/surveillantes-examen-remplacees-hommes-pour-motif-religieux-ces-attaques-quotidiennes-contre-laicite-que-france-doit-regarder-en-781233.html#PIrbEY35rHDeMTFs
n a appris que, dans un collège de Seine-Saint-Denis (1), semble-t-il même plus précisément au collège Pablo Neruda de Gagny, lors des épreuves du Brevet des collèges, qu’il s’est produit un événement qui a lui seul témoigne de l’état de crise de nos valeurs collectives. Une cinquantaine de garçons portant la kippa sont installés pour l’épreuve, ils viennent d'une école privée juive. Il faut rappeler ici que l’interdiction du port de signes religieux ostensibles dans les collèges et lycées publics qu’a imposé la loi du 15 mars 2004 n'est pas de mise au cours des examens, comme le précise la circulaire d'application de cette loi. Deux jeunes femmes sont censées surveiller ces garçons en kippa. Mais ceux-ci refusent d'être surveillés par des femmes durant les épreuves. L’administration de ce collège a sans doute été très embarrassée… Le responsable de leur établissement d'origine aurait même téléphoné à son collègue du public dans ce contexte. Un coup de téléphone dont l'existence a été évoquée par un professeur du collège de Gagny qui s'en est émue auprès de militants pro-laïcité mais que le principal de l'établissement religieux dément catégoriquement. Ce qui semble s'être produit en tous cas, c'est que les deux femmes aient bien été remplacées par deux hommes... Le principe d’égalité, et particulièrement en ce qui concerne l’égalité entre hommes et femmes, inscrit à l’article premier de notre Constitution, ne vaudrait donc rien face aux exigences religieuses ?
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12 juillet 2013

Amel Bent : philosophe ?

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mon verdict sur Ma philosophie d'Amel Bent

Michel RENARD

 

Amel Bent, artiste française de RnB, a sorti en 2004 une chanson à l'intitulé ambitieux : Ma philosophie. Le succès a été au rendez-vous...

En forme de semi-boutade, voici ma réaction à ce texte de haute volée.

__________________

- «Je suis comme je suis» : narcissisme, concept non philosophique mais relevant plutôt de la psychanalyse.

- «je suis métisse» : concept non philosophique mais relevant d’une anthropologie politiquement correcte.

- «le poing levé» : concept non philosophique mais relevant d’une idéologie de pseudo révolte.

- «lever la tête, bomber le torse» : concept non philosophique mais relevant d’une rééducation posturale kinésitérapeuthique.

- «je suis l’as qui bat le roi» : concept non philosophique mais relevant d’une règle élémentaire de la belote.

- «encore plus haut, encore plus loin» : concept non philosophique mais relevant d’une formule atrophiée du baron Pierre de Coubertin.

- «des sacrifices, s’il le faut j’en ferai» : concept non philosophique mais relevant d’un facile dolorisme chrétien.

- «moi j’ai des formes et des rondeurs» : concept non philosophique mais relevant d’une anatomo-physiologie ordinaire.

- «bien plus d’amour que de misère» : concept non philosophique mais relevant d’un pathos christique larmoyant.

- «oh oh, oh, oh, oohhhhh, heyeayeah» : concept non philosophique mais relevant d’une frénésie d’onomatopées sans signification.

__________________

 

N'est-ce pas Marx qui a écrit Misère de la philosophie (1847) ? On doit à la vérité historique que Marx répondait, lui, à un vrai philosophe (Proudhon).

 Michel Renard

 

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délit de sous-culture

 

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11 juillet 2013

de l'inculture des commentateurs de cinéma

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Pour une femme... et pour l'histoire

Michel RENARD

 

J'ai vu le film de Diane Kurys, Pour une femme qui retrace l'histoire de la redécouverte de ses parents à la fin de la guerre et juste après. Beaucoup d'émotion, de circonstances exceptionnelles, une époque révolue.... Et puis des secrets de famille. Peut-être ou peut-être pas... Très bon film.

Le spectateur reste libre de ses interprétations quant à la destinée et les actes de tel ou tel.
Dyane Kurys (Sylvie Testud dans le rôle d'Anne) est-elle la fille de son père (le comédien Benoit Magimel) ou de son oncle appelé Jean (le comédien Nicolas Duvauchelle) dans le film ? Jean qui débarque en 1947 venant d'URSS où on le croyait mort. Et dont on finit par douter de sa personnalité réelle : communiste, pas communiste ?
On apprend qu'il appartient un réseau qui règle des comptes avec d'anciens nazis.

J'ai parcouru de nombreuses critiques du film dans la presse sur internet. Elles s'extasient sur la charge sentimentale de cette histoire ou prennent des distances avec le "narcissisme" de la réalisatrice.

Mais PAS UNE SEULE n'évoque cette réalité historique du réseau juif appelé Nakam ("Vengeance") - d'où le titre d'un livre "Vengeance" qu'Anne découvre dans la malette de sa mère qui a divorcé en 1955 puis qui s'est suicidée à la fin des années 1980.

Dans la vérité historique, ce réseau, créé par Abba Kovner, âge de 27 ans, avait établi un plan de vengeance pour purifier le peuple juif des millions de morts assassinés par les nazis et leurs alliés.
Il avait même envisagé de faire mourir 6 millions d'Allemands par empoisonnement des canalisations de Berlin et d'Hambourg (des agents avaient été infiltrés parmi les employés de ces secteurs), d'intoxiquer les prisonniers allemands dans les camps américains par souillure mortelle de leur nourriture, etc... Ces plans, pour l'essentiel, n'ont pas abouti mais des exécutions ont eu lieu.
Voir le livre Le septième million de Tom Segev (1993, chap. VIII).

Michel Renard
professeur d'histoire

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Avva Kovner

 

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Avva Kovner en 1943 à Vilna

 

- http://www.lexpress.fr/informations/confession-d-un-vengeur_628376.html

 

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10 juillet 2013

La parole est le rempart contre la bestialité

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Civilisations

Jacqueline de Romilly contre les barbares

 

Immense helléniste, deuxième femme à entrer à l'Académie française, première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly vient d'être élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur (la cinquième à recevoir cette distinction). Toujours aussi vive à bientôt 94 ans, elle lance un cri d'alarme : la pensée et la réflexion se meurent. Rencontre.

Propos recueillis  par Liliane Delwasse
Le Point n° 1793, 25 janvier 2007

 

Le Point : Vous venez de recevoir cette distinction suprême, la plus prestigieuse dont on puisse rêver. Etes-vous particulièrement heureuse ou est-ce juste un honneur de plus, tant il est vrai que vous avez déjà eu auparavant tous les honneurs imaginables. Vous avez même été nommée citoyenne grecque d'honneur.

Jacqueline de Romilly : C'est incontestable : j'ai été gâtée. J'ai eu la chance d'appartenir à une génération où les femmes accédaient pour la première fois au podium, où les portes s'ouvraient enfin. J'ai été la première femme à entrer à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, la deuxième à l'Académie française après Marguerite Yourcenar, la première au Collège de France. Et je ne parle pas de l'Ecole normale supérieure. Savez-vous ce qui m'a procuré la plus grande joie ?

En 1930, j'avais 17 ans, les filles ont eu pour la première fois le droit de se présenter au Concours général et j'ai eu cette année-là les prix de grec et de latin. Rien par la suite ne m'a jamais rendue aussi heureuse. C'était grisant. Ma mère a soigneusement collé dans un petit carnet les coupures de presse du monde entier qui relataient ce qui était alors considéré comme un exploit. Il y en avait dans toutes les langues. Un de ces articles est d'ailleurs signé par un très jeune journaliste débutant, Pierre Lazareff. C'était son premier article. Il lui a porté bonheur.

Mais, pour répondre à votre question, c'est toujours agréable et flatteur pour son ego d'être reconnu pour son travail et félicité, mais c'est surtout un formidable encouragement pour continuer la lutte que je mène et assumer jusqu'au bout de mes forces la tâche que je me suis fixée.

Vous êtes helléniste. On connaît la bataille que vous menez depuis des décennies pour que perdure l'enseignement des langues anciennes, et en particulier du grec, en voie de disparition. N'êtes-vous pas finalement optimiste pour l'avenir puisque votre combat est reconnu et honoré ?

Je ne suis pas très optimiste, ni pour mes chères langues anciennes, ni pour la française d'ailleurs, ni pour les humanités en général et, pis, guère plus pour l'avenir de notre civilisation. S'il n'y a pas un sursaut, nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie. Il y a un désintérêt et même un dédain pour la Raison et les Lumières.

Je ne suis pas historienne et les faits m'intéressent moins que les textes. Ce qui me passionne dans lespourquoi_la_grece textes grecs, c'est la rencontre avec la naissance de la pensée raisonnée, rationnelle, de la réflexion, c'est l'irruption de la lumière qui est apparue pour la première fois dans un monde encore confus et obscur. Toute la morale politique et la philosophie hellènes visent à la clarté et à l'universel. Et elles ont réussi, rien n'a vieilli, leurs préoccupations sont d'une telle actualité !

Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité.

Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s'exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n'est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle. Et c'est ce qui menace d'engloutir notre idéal occidental et humaniste.

Il existe d'autres formes de pensée que littéraire, sans pour autant tomber dans la barbarie.

Sans doute, mais plus simplistes, qui assènent des vérités toutes faites, pauvres et sans nuances. Et qui risquent donc de déboucher sur une pensée appauvrie, squelettique. La pensée demande des correctifs, des Actualit__d_mo_ath_niennenuances, de la subtilité, pas des dogmes tout faits issus des fast-foods de la réflexion. Ma chaire au Collège de France s'intitulait «La Grèce et la formation de la pensée morale et politique».

C'est cette construction que j'admire, qui a jeté les fondements de notre organisation et de notre pensée occidentale et que je ne peux accepter de voir rejetée et oubliée alors qu'elle n'a jamais été aussi nécessaire. Je connais des cas d'établissements scolaires où l'on ferme l'option grec faute de crédits, soi-disant, ou pour des raisons fallacieuses d'emploi du temps alors qu'il y a quinze ou vingt élèves inscrits. On craint sans doute que les élèves ne se forment un jugement trop acéré, qu'ils ne deviennent trop intelligents, qu'ils ne remettent en question la société telle qu'elle est...


J'ai créé une association, Sauvegarde des enseignements littéraires, et tout récemment une autre qui est le prolongement de la première, Élan nouveau des citoyens. Elles visent à réveiller les valeurs de la démocratie et à les remettre au coeur du débat citoyen. Le titre d'un de mes derniers ouvrages est explicite : Actualité de la démocratie athénienne.

 

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Vous craignez une guerre des civilisations ?

Ne simplifions pas, là encore. Je refuse de résumer, de schématiser les enjeux en termes politiciens qui seraient plein d'allusions anachroniques. Le danger de la démocratie, le seul, le vrai danger, c'est la démagogie. Ne tombons pas dedans. Dans mon Alcibiade ou les dangers de l'ambition, j'analyse cet écueil.

Rien n'a changé depuis le temps d'Alcibiade. Les mutations sont marginales, anecdotiques. Sauf que l'inculture a gagné du terrain. Je vais vous confier à ce propos la question que m'a posée une fois une élève d'hypokhâgne : «Madame, les langues mortes étaient-elles déjà mortes quand vous étiez jeune ?» Pas mal, non ?

 

L'âge ne vous a pas atteinte. Vous avez une forme, une fraîcheur, un dynamisme étonnants. Et toujours le même humour, la même aptitude au bonheur de vivre. Quel est votre secret de jouvence ?

La passion, pardi ! La passion de ce que je fais, de mon travail, de mes recherches, et puis l'amour, l'amour pour mon cher Thucydide. Quant à parler de fraîcheur, vous êtes très gentille, mais j'aurai 94 ans dans quelques semaines. Et je me sens plutôt défraîchie.
La vieillesse est un terrible combat que l'on est sûr de perdre et que l'on s'obstine à mener. Tout se dégrade, se défait, pouah, affreux ! On peut avoir acquis des qualités de sagesse, de hauteur de vues, de courage moral, de stoïcisme (il faut bien se consoler avec des aspects positifs), mais on perd la vue, l'ouïe, la marche. Il n'y a pas de quoi se réjouir. Je reconnais cependant que j'ai toujours gardé mon humour et la capacité de rire des situations cocasses.


Je vais vous conter une anecdote pourtant cruelle à laquelle j'ai repensé récemment et qui me fait rire comme au premier jour. Pendant la guerre, j'ai bénéficié si l'on peut dire du statut des juifs mis en place par le régime de Vichy, mon père étant juif. Entre autres gracieusetés, les juifs n'avaient plus droit à avoir un téléphone. Sitôt la Libération, il a été décidé par les autorités que les juifs à qui on avait coupé le téléphone seraient prioritaires pour récupérer leur ligne. Il faut dire qu'à l'époque il n'était pas facile de faire installer une ligne téléphonique, cela prenait des mois.

Me voilà donc allant à la poste pour demander à récupérer ma ligne d'avant guerre. La préposée me reçoit et, plutôt sèche, me remballe : «Y a de l'attente.» Je lui explique que nous sommes prioritaires parce que juifs. Elle rétorque : «Vous êtes juifs ? Facile à dire, n'importe qui peut se vanter. Prouvez-le !» Entendre ça en 1945, c'est génial, non ? Avec ma mère, nous en avons ri aux larmes. Soixante ans après, ça me fait encore rire. J'ai partagé toute ma vie beaucoup de fous rires avec ma mère. Nous étions totalement fusionnelles. Je pense que l'amour de ma mère, sa tendresse, sa gaieté m'ont donné une grande force.

* *
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- Élan nouveau des citoyens : blog enseignement

- au sujet de l'association Élan nouveau des citoyens : appel à témoignages

- Jacqueline de Romilly sur canal-académie

 

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Jacqueline de Romilly

Naissance en 1913 à Chartres.

École normale supérieure de la rue d'Ulm (promotion 1933).

Agrégée (1936), docteur ès lettres (1947).

Professeur à la faculté de Lille puis à l'ENS de 1953 à 1960, à la Sorbonne de 1957 à 1973 puis au Collège de France jusqu'en 1984.

Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975, de l'Académie française depuis 1988.

Décédée le 18 décembre 2010.

 

 

quelques-unes de ses oeuvres lk01a016

- Problèmes de la démocratie grecque (1975)

- L'enseignement en détresse (1984)

- La modernité d'Euripide (1986)

- Les grands sophistes dans l'Athènes de Périclès (1989)

- La Grèce antique à la découverte de la liberté (1989)

- Pourquoi la Grèce ? (1992), Grand Prix d'histoire de la Vallée-aux-Loups, prix des Ambassadeurs (en poche)

- Alcibiade ou les dangers de l'ambition (1995), prix de la fondation Pierre-Lafue (en poche)

- Homère (1998)2130532101_M

- Précis de littérature grecque (1998)

- Hector (1999)

- Le trésor des savoirs oubliés (1999)

- Laisse flotter les rubans (1999), roman

- La Grèce antique contre la violence (2001)

- La Grèce antique. Les plus beaux textes d'Homère à Origène (2003)

- Sous des dehors si calmes (2004)9782253111337

- L'invention de l'histoire politique chez Thucydide (éd. 2005)

- Les roses de la solitude (2006)

- Une certaine idée de la Grèce (2006)

- La tragédie grecque (éd. 2006)

- L'Orestie d'Eschyle (2006)

Lauréate de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre (1974)

Grand Prix de l'Académie française (1984)

Prix Onassis (1995)

 

 

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théâtre d'Épidaure

 

Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes

de son discours, à échanger les concepts, à écouter

l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer

la violence effrayante qui monte autour de nous.

La parole est le rempart contre la bestialité.

Jacqueline de Romilly



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